texte Stefano Massini   traduction Pietro Pizzuti

mise en scène Gweltaz Chauviré

avec Stéphane Delile, Flora Diguet, Sylvain Levey, Woodina Louisa, et Romain Brosseau

scénographie Elodie Quenouillère  costumes Laure Fonvieille  - lumière en cours  -  son en cours

production Justine Le joncour

La pièce  est publiée et représentée par L’ARCHE – éditeur & agence théâtrale. www.arche-editeur.com.

Une production Compagnie FELMUR - Coproductions : l'Archipel /Fouesnant (29), La Paillette Théâtre /Rennes (35), en cours...

Avec le soutien du Théâtre du Cercle /Rennes (35)

Création 25/26

 

L’histoire

Dans le Transvaal, en Afrique du Sud, une voiture s’arrête au bord du champ de canne à sucre de Hagos Nassor. Un agent commercial d’Earth Corporation, Dalmar Khamisi, lui fait miroiter de l’argent, beaucoup d’argent. Son voisin a déjà signé : il exhibe une voiture flambant neuve et son terrain donne cinq récoltes par an. Comme tous les paysans de la région, Hagos finit par céder. Il rêve de récoltes miraculeuses, d’une vie plus confortable. Mais la réalité s’avère tout autre : ses cannes à sucre se dessèchent, la terre de ses ancêtres est meurtrie par les produits chimiques et les dettes l’étranglent. Il est contraint à céder sa terre pour une bouchée de pain à Earth Corporation. Poussé par sa femme Fatissa, le fermier décide de faire appel à une jeune avocate, Odela Zaqira. La bataille s’engage alors contre l’entreprise de produits phytosanitaires, représentée par Winston Helmett.

La pièce nous embarque dans un véritable thriller, mettant en scène les combats engagés autour d’une terre. Une terre convoitée par une grande compagnie qui prône l’agriculture intensive, la rentabilité maximale. Une terre défendue par un couple de petits propriétaires, dont la survie dépend.

La forme

Au début du livre, Stefano Massini présente cette œuvre comme un puzzle que les spectateurrices doivent reconstituer. La pièce est en effet composée de trente-deux tableaux très courts, sans ordre chronologique, avec des accélérations et des retours en arrière.

Ces tableaux se déclinent sous deux formes distinctes : des scènes dialoguées et des monologues. Les scènes dialoguées mettent chaque fois en jeu deux personnages qui représentent les différentes parties qui font (dys)fonctionner ce système. C’est ici la confrontation directe des points de vue, passant souvent par des joutes ciselées. Les monologues quant à eux laissent les personnages face au public, dans un temps qui n’est pas celui de l’action, une sorte de hors champ dans lequel l’écriture poétique de Stefano Massini se déploie.

Par touches successives et en pointillé, il dissèque cette histoire, met en jeu et en joute les rapports de force, éclaire les manipulations, les corruptions, et révèle les émotions.

 

" Stefano Massini introduit sa pièce par une courte note :

Les fragments peuvent être présentés dans l’ordre dans lequel je les ai écrits ou bien dans n’importe quel autre ordre, différent à chaque représentation. Dans ce cas, le spectacle sera différent d’un soir à l'autre, puisque l’ordre des fragments variera. À chaque spectateur incombe la tâche de recomposer le puzzle.

C'est une proposition qui déstabilise un peu, bouscule notre conception de la dramaturgie. Et c’est peut-être pour cela que, à ma connaissance, il n’y a pas de mise en scène de l’œuvre qui propose, à chaque représentation, un ordre différent des scènes.

Pour ma part, je trouve que cette proposition est particulièrement stimulante. Je pense en effet qu’elle sublime l’art de la représentation, ce temps spécifique où des personnes se réunissent dans un lieu pour vivre ensemble des émotions. C’est pour cela que je souhaite que l’ordre des scènes soit tiré au sort avec le public au début de chaque représentation.

Cette proposition amène clairement du spectaculaire et de la performativité. Et ce qui m’intéresse ici c’est l’état qui en découle, à la fois dans la salle et au plateau. Un état d’être sur le fil qui décuple notre rapport au présent, et ainsi notre pensée et nos sensations.

Côté salle, nait une écoute active des spectateur⸱rice⸱s qui assistent à la performance et aiguisent leurs perceptions pour résoudre l’enquête, le puzzle. Varier la structure de la pièce ne modifie pas le propos, les enjeux, non, ce qui est déplacé c’est le regard. Et plus précisément le regard sur les rapports de force, les mécanismes qui se mettent en place, et les ambiguïtés des protagonistes. L’aléatoire du tirage crée aussi de la perspective : qu’aurait été mon ressenti avec un autre tirage ? Cela attise la curiosité, donne peut-être aussi l’envie de voir le spectacle une deuxième fois.

Côté plateau, il faut à chaque fois reconstruire un parcours, être déplacé⸱e et se laisser porter par des échos inédits entre les différentes scènes. Cette état d’être performatif permet un jeu où le présent prend le dessus. La parole gagne en intensité, laisse entendre singulièrement les mots, et les corps agissent dans une construction théâtrale chaque fois unique.

Je propose une mise en scène qui fait vivre collectivement un moment déroutant et vivant, qui aiguise les sensations, les points de vue, et donne l’envie d’en débattre. "

Gweltaz Chauviré, metteur en scène.

 

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