III de Philippe Malone compagnie felmur

texte Philippe Malone / éditions Espace 34

mise en scène Gweltaz Chauviré

avec Fanny Bouffort, Éric Lepage, Sylvain Levey, Claire Perraudeau, Éric Valentin et Aude Ferret en alternance

lumière Fabien Bossard

costumes Agathe Mercat

création 2005 - ce spectacle a reçu le soutien du Conseil Général d’Ille et Vilaine - aide à la création théâtre du cercle /rennes - représentations au théâtre du cercle /rennes, au théâtre du vieux-saint-étienne /rennes et à la nef /pantin

 

Il s’appelle Richard, le 3ème du nom et hérite de l’immense entreIprise de son père. Dépositaire de cette vaine charge, il se transforme en tyran, humilie ses différents bras droits (Buckingham puis Norfolk), licencie à tout va. Il cherche à se débarrasser de son origine, qui le condamne à n’être qu’un masque. Et c’est auprès de Anne, une employée, qu’il se met en quête du désir et d’une enfance non vécue.

III nous parle de dérèglements ; le désordre pour de nouvelles perspectives.

Un homme –Richard- voué au pouvoir, qui refuse de jouer son rôle, puisque le désir manque. Une femme –Anne- qui se décrète renégate à sa classe.

La perte des repères est omniprésente. Toutes les certitudes vacillent et deviennent des fantômes dont il faut se libérer. L’ordre établi, et perpétué par la Mère, n’est plus épargné. Buckingham pense contrer l’ouragan, et Norfolk croit pouvoir surnager.

Cette volonté de perte de repère ne nous laisse pas en reste, elle nous entraîne dans une histoire fascinante, une quête passionnante qui nous tient en haleine.

Il en est de même pour le traitement du texte : qui est réellement présent durant une scène ? Quel est le temps de l’action ? Ainsi, Anne, tel un coryphée, a cette capacité jubilatoire de passer d’une scène, où l’action se déroule, à un discours clairement adressé aux spectateurs.

Nous avons souhaité que le plateau se prête à cette liberté. Ainsi les comédiens développent un jeu basé sur l’adresse aux spectateurs, ils les accompagnent dans cette histoire et installent de ce fait un rapport concret au présent. De même, c’est dans un espace dépouillé de tout élément, qui risquerait de placer un périmètre et une temporalité figés, que l’intrigue avance. Nous évoluons certes à travers les couloirs et les pièces de l’entreprise, le palais (ou la prison) de Richard, mais aussi dans un espace qui doit pouvoir être celui de la pensée. Seul élément scénique : un tulle noir placé au fond du plateau joue sur notre perception de l’espace et des personnages.

Ce sont la lumière et les comédiens qui structurent à volonté l’espace de jeu, et nous donnent un cadre possible à chaque scène. La lumière dévoile en partie, laisse dans l’ombre à dessein, transforme les perspectives, et met à jour des réalités nouvelles.

La parole aussi cherche à briser les mythes qui s’octroyaient le statut de vérité. La pensée et la quête du désir prennent corps à travers le discours. La pensée avance à travers des monologues qui cherchent à dire les sentiments, l’intériorité. Les vérités s’ébranlent lors de joutes entre les personnages. Restent les brèches qui permettent d’entrevoir l’humain.

photos © Jessica Grégoire

 

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