texte et mise en scène Gweltaz Chauviré

musique Léo Prud'Homme

avec Gweltaz Chauviré, Léo Prud'Homme

accompagnement écriture Sylvain Levey

regard extérieur Flora Diguet

scénographie Jean-Pierre Girault

lumière Ronan Cabon

son Mathieu Fisson

production/diffusion Greta Maurice

ce spectacle a reçu le soutien de la ville de Rennes, du théâtre du cercle /Rennes, et du théâtre de Bécherel.

Création 2020

 

En 2012, j'entends un documentaire sur un homme nommé Paul Grappe et sa femme Louise Landy. Ce documentaire est diffusé dans l'émission La fabrique de l'histoire sur France-Culture, et s'intitule : Nous n'irons plus au bois.

Je découvre le parcours étonnant de ce couple dans la France du début 20ème. Je suis fasciné par ce que j'entends, sans savoir vraiment ce qui provoque cette fascination. L'histoire ? Ce qu'elle m'évoque ? Les thèmes qu'elle soulève ? Le documentaire dans sa forme ?

 

photos © compagnieFELMUR

 

Cela commence par une rencontre dans un cours de mandoline, puis vient la guerre, la désertion qui oblige à la clandestinité, et une solution étonnante pour survivre caché : le travestissement. Paul devient Suzanne et découvre une nouvelle vie qui le fascine, qui fait de lui une des grandes figure du Bois de Boulogne des années folles.

En 1925 est promulguée la loi d’amnistie. « L'homme-femme » fait la curiosité des journaux, et en quelques jours Paul le clandestin devient célèbre . Suzanne n’a plus de raison d’être et Paul peut retrouver son identité masculine : c'est le début de la descente aux enfers qui aboutira à l’assassinat de Paul par Louise.

Cette histoire m'a accompagné, entrant en résonance avec mon travail, avec un goût pour la micro-histoire dans la grande, mais aussi avec des lectures, et l'actualité.

J'ai continué à m'intéresser au destin de ce couple à travers l'ouvrage de deux historiens (1) et d'une BD qui s'en est inspirée (2).

Mais je n'arrivais toujours pas à savoir ce qui m'avait fasciné.

J'ai donc décidé d'en faire un spectacle.

Gweltaz Chauviré

(1) La Garçonne et l'Assassin: histoire de Louise et de Paul, déserteur travesti, dans le Paris des Années folles»par Fabrice Virgili et Danièle Voldman, Payot, 2011.

(2) Mauvais Genre, par Chloé Cruchaudet. Ed. Delcourt, 2013.

 

 

Créer à partir de cette histoire

Le travail de la compagnie FELMUR s'articule autour de faits historiques plus ou moins récents, s'approchant parfois de l'actualité. Les événements que l'on peut reconnaître, identifiables de façon plus ou moins lointaine, permettent de travailler sur la circulation de nos sentiments entre mémoire (individuelle ou collective), émotion, questionnement, et opinion.

Par nos mises en scène nous tentons une reconnexion à nos sensations, les formes mises en place cherchent à créer un état d'âme ou un sentiment, et à nous libérer d'une analyse plaquée

L'histoire de ce couple permet de poursuivre cette démarche.

Les événements qu'il traverse et les stratégies qu'il met en place sont exceptionnels. La transgression est ici un moyen de survie, et leur parcours se construit en réponse à l'Histoire.

L'ensemble soulève de nombreuses thématiques et réflexions, et toutes sont de belles matières de théâtre, des moteurs de création.

"Ma première intuition m'a amené à contacter Léo Prud'homme, je connaissais son travail et je pensais plus particulièrement à un album d'inspiration Folk américaine : From Speaking Parts To Blazing Rows .

J'étais non seulement séduit par la puissance narrative de sa voix et de sa musique, mais aussi par le fait de ramener, dans une histoire française, cette tradition des folksingers -une musique et un chant qui raconte des histoires du peuple et les élève au rang de mythes populaires.

Ce décalage géographique et cet endroit de la narration offraient de belles perspectives.

Nous nous sommes donc réunis pour commencer à travailler, et la première chose que nous nous sommes dit était :

« On a une superbe histoire mais on n'a pas envie de la raconter ! »

C’est à dire que nous ne souhaitions pas nous sentir piégés par le récit. Nous voulions nous concentrer sur ce que nous évoque cette histoire, ce qu'elle nous fais ressentir, et en quoi elle nous interpelle.

Pour cela nous avons décidé de travailler par séquences, de construire des vignettes, des instantanés, des polaroids. Ainsi il n'est pas question d'une narration chronologique, mais d'une accumulation d'instantanés qui dessine en creux l'histoire."

Gweltaz Chauviré


[+] Ici le dossier de présentation

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