Preparadise sorry now de rainer werner fassbinder compagnie felmur

texte Rainer Werner Fassbinder / éditions de l'Arche

traduction Maurice Regnaut

mise en scène Gweltaz Chauviré

avec Fanny Bouffort, Thomas Chopin, Éric Lepage, Sylvain Levey, Claire Perraudeau

lumière Fabien Bossard

costumes Agathe Mercat

création 2005 - ce spectacle a reçu le soutien de la Ville de Rennes, du Conseil Général d’Ille et Vilaine et du Conseil Régional de Bretagne - aide à la création théâtre du cercle /rennes - représentations au théâtre du cercle /rennes et au théâtre du vieux-saint-étienne /rennes

 

Inspirée d’un fait divers qui ébranla la société anglaise des années 60, la pièce présente un univers instable fait d’actes malsains et de cynisme. Au récit d’un couple criminel - Ian Brady et Myra Hinley - fasciné par les thèses nazies, Rainer Werner Fassbinder confronte des scènes où la violence et la cruauté se trouvent assumées, prises en compte par la société.

Preparadise sorry now explore différents rapports de dominance et de violence et ce par l’emploi de différents matériaux de textes, et nous amène à nous poser la question du traitement de la violence au théâtre et de ce qu’elle nous révèle.

Nous plaçons sur le plateau trois hommes et deux femmes -tour à tour victimes, agresseurs, témoins- dans un espace d’expérimentation et d’exposition de violences, un espace où les comédiens évoluent et jouent de divers artifices pour créer des installations, des espaces de jeux possibles pour les différentes situations.

Ils font naître ainsi des moments de fiction très marqués. Ils offrent une image très construite, font des reconstitutions extrêmement précises, et utilisent tous les artifices possibles pour mettre en branle nos émotions. Ils se laissent griser par ces images et y confrontent des instants où le rapport fictionnel est détruit, où le rapport au public et donc au présent est plus marqué.

Par cette confrontation d’instants d’immersion à des instants distanciés, il s’agit de se laisser aveugler par une vision nette de la violence, identifiable, puis de lui redonner ses aspects multiples en s’en dégageant brutalement.

Les rapports de violences tout comme les rapports théâtraux se construisent et s’appuient sur une réalité que l’on puisse croire. Questionner les situations et les personnages d’un point de vue « crédible », nous permet ainsi de jouer avec la fascination qu’exerce sur nous la violence.

Il ne s’agit pas de redonner un calque de la réalité, mais de nourrir une fantasmagorie, nourrir un espace théâtral qui permette la représentation de ces violences. Une représentation qui parle directement à notre entendement et qui peut s’appuyer sur un traitement factice, un traitement porteur de sens, de signes, porteur d’insolite qui révèle les mots, les rapports, les situations, les personnages.

photos © Jessica Grégoire

 

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